Cauchemar, Réalité,
Prédiction ?
Il faisait une nuit noire, comme le jour où elle
avait retrouvée sa sœur, dans cette ruelle sombre,
étendue, raide, froide. Son cou arborait de longues marques
de crocs. Son ventre portait les traces de longues griffes. Elle
avait été éventrée sans aucune
pitié.
C’était leur œuvre. Leur
signature.
Ely refusait que cela recommence. Elle ne voulait pas que
ses parents connaissent la même fin macabre. Elle revoyait
encore Maïwen sur ce sol froid et dur se vidant lentement de
son sang. Cette pensée funeste lui fit presser le
pas.
Nuit noire. Nuit sans étoiles. Nuit emplie de
ténèbres. Ciel couleur d’encre. L’espoir
s’effilochant peu à peu, s’envolant dans cette
immensité.
L’adolescente courait dans les rues mal
éclairées et mouillées. Il pleuvait
légèrement. Quelques gouttes
s’écrasèrent sur sa joue sans qu’elle y
prête attention. La jeune fille courait à en perdre
haleine. Il fallait qu’elle leur échappe !
Qu’elle arrive avant eux !
Le lampadaire devant elle s’éteignit au
moment où elle passait dessous, ce qui ne fit que la
stresser davantage.
La lumière s’éteignant doucement.
L’espoir s’échappant. La vie
disparaissant.
Ely courait, courait. Elle avait de moins en moins de
forces et le souffle coupé, mais il fallait qu’elle
les devance ! La jeune fille ne tenait plus debout mais elle
continuait d’avancer. Il le
fallait !
La rue tournait à droite, Ely fit de même
mais trébucha sur la route détrempée et tomba
à plat ventre sur le bitume. L’adolescente
s’écorcha les coudes, les avant-bras, le menton, les
genoux. Tentant d’ignorer la douleur elle se releva avec
difficulté. Elle était couverte de sang. Ce
n’était pas bon signe ! Cela risquait de les
alerter ! Ils lui tomberaient dessus sans
prévenir ! Elle devait se dépêcher avant
qu’ils ne la trouvent ! Elle devait les sauver !
Ely se remit à courir mais plus lentement
qu’auparavant, elle souffrait, mais elle ne devait pas
abandonner ! Elle n’avait pas encore
perdu !
Elle arriva devant chez elle et constata avec soulagement
que la maison et ses alentours semblaient paisibles.
Peut-être avait-elle encore une chance ! Elaria passa la
porte et entra dans le salon : personne. La cuisine :
personne. Il n’y avait aucun bruit dans la maison, elle
paraissait vide.
C’était trop calme, beaucoup trop calme,
mais elle ne s’en formalisa pas et monta au premier
étage, étage des chambres, entra dans la
première pièce et poussa un cri d’effroi, sous
ses yeux étaient étendus deux corps baignant dans
leur sang ! Ses parents !
Un spectacle sinistre s’offrait à elle. Les
deux corps avaient été charcutés de la
même manière. Une plaie béante s’ouvrait
au niveau de leurs cage thoracique, laissant apparaître
à sa vue leurs organes se déversant sur le parquet.
Des bouts d’os cassés étaient immergés
dans l’immense flaque de sang brunâtre qui
s’étalait sur le sol.
Les mêmes traces de morsures. Les mêmes
traces de griffures. C’était encore eux. Ils lui
avaient prit sa sœur. Maintenant, ils lui prenaient ses
parents.
La lumière s’éteignant doucement.
L’espoir s’échappant. La vie
disparaissant.
Elle avait souhaité que cela n’arrive
jamais, mais, malheureusement son cauchemar s’était
réalisé. Ses parents, sa seule famille, les
êtres qu’elle chérissait le plus venaient de
disparaître à jamais. Tout comme sa sœur. Il ne
lui restait plus personne
dorénavant.
La douleur lui enserrait la poitrine. Son souffle resta
bloqué dans sa gorge sans aucune issue. Ses yeux
s’emplirent de larmes, gouttes d’eau salée
dégringolant le long de son cou. Ses jambes tremblaient. Son
estomac se convulsait. Sa tête se mit à tourner. Ses
mains se crispèrent.
Il fallait qu’elle sorte
d’ici !
La jeune fille n’eut pas le temps de reculer
qu’une forme noire s’abattit sur elle et
l’immobilisa à terre. Elle s’était fait
prendre ! Elle qui croyait qu’elle avait une chance de
gagner ! C’était finit. Elle allait mourir ici
avec sa famille. Cette horreur qui l’attaquait était
l’un d’eux. Ils lui avaient tendu un piège et
elle s’était jetée dedans sans la moindre
hésitation, maintenant elle en payait les
conséquences. Elle payait les conséquences de son
entêtement.
Les crocs
de la créature s’approchaient de sa gorge avec une
lenteur calculée comme pour la torturer
davantage.
Elle ne pouvait pas mourir ! Pas maintenant !
Elle ne pouvait pas les laisser tomber ! Il fallait
qu’elle tente au moins de résister ! Elle se
débattit essayant de se dégager de l’emprise de
l’animal mais en vain cela ne fit
qu’accélérer la lente progression de sa
mâchoire qui se referma instantanément sur sa
gorge.
La lumière s’éteignant doucement.
L’espoir s’échappant. La vie
disparaissant.
Photo prise au
musée des Arts et métiers à
Paris
Photographe :
Moi 
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