Chapitre 1 :
Rencontre
Un vent glacial soufflait à travers la ville
plongée dans l’obscurité de la nuit. Cette nuit
était noire. Le ciel avait une couleur d’encre, aucune
étoile ne brillait laissant la place à ce jeune homme
qui errait au milieu de ce quartier délabré,
abandonné de tous. Les maisons tombaient
littéralement en ruine mais il n’y prêtait
aucune importance.
Les feuilles virevoltaient en travers du chemin. Le vent
le glaçait jusqu’aux os. Il n’était pas
vraiment vêtu pour la saison, avec son seul tee-shirt, mais
il s’en fichait. De longues mèches noires lui
cachaient partiellement le visage. Il savait où il allait,
plus rien d’autre n’avait d’importance. Il
marchait lentement, les mains dans les poches,
s’enfonçant dans la nuit avec le désir de se
soustraire aux autres.
Il n’était pas pressé, il avait tout
son temps.
Plus personne ne l’attendait chez lui
désormais. Il marchait silencieusement. Seul le bruit de ses
pas trahissait sa présence en ce lieu lugubre et glauque. Il
ne prêtait pas attention à ce qui l’entourait,
perdu dans ses pensées plus ou moins sombres, il connaissait
le chemin par cœur pour l’avoir parcouru maintes fois
par le passé. Passé pas si
éloigné.
Voyant qu’il arrivait à destination, il
arrêta de fixer le sol de son regard azur pour le poser
devant lui, sur le pont.
Il s’approcha et s’appuya à la
frêle rambarde qui longeait le vide.
Il aimait la mort et ses sombres
promesses,
Avenir incertain d’un garçon en
détresse,
Il voulait mourir, laisser partir sa
peine,
Oublier tous ces jours à la même
rengaine.
Une chevelure blonde flottait dans l’air
glacial de la nuit. Une jeune fille courait à en perdre
haleine tentant de semer ses deux poursuivant. Elle courait le plus
vite qu’elle pouvait. N’entendant plus de bruit
derrière elle depuis un moment, elle tourna brusquement dans
une ruelle sombre et se retourna. La jeune fille scruta la rue
d’où elle venait essayant de repérer ses
poursuivants. Ils n’étaient plus là. Elle avait
réussi à les semer ! Elle s’enfonça
dans la ruelle apercevant un débouché plus loin,
reprenant son souffle à chaque pas. L’adolescente
finit par émerger de ce chemin exigüe et se retrouva au
beau milieu d’un quartier insalubre. Elle releva la
tête afin de mieux observer son environnement. Les murs ne
tenaient plus debout, les fenêtres n’existaient plus,
les volets étaient, pour quelque uns accrochés par
seulement une attache, les toits étaient perforés de
trous béants, pour ceux qui existaient encore, il n’y
avait plus de planchers. Quelques maisons semblaient avoir
brûlé, il restait quelques traces noirâtres sur
les bords des ouvertures. La jeune fille ne savait plus où
elle se trouvait ! Elle était perdue ! Elle
était seule ! Il ne fallait surtout pas qu’elle
cède à la panique ! En quelques secondes
seulement son sang froid reprit le dessus et son optimisme
légendaire refit surface.
L’adolescente ne pouvait retourner en
arrière de peur de retomber sur les deux hommes
qu’elle avait semés, mais si elle continuait tout
droit elle finirait bien par sortir de ce trou paumé ou au
pire elle tomberait sur quelqu’un qui lui indiquerait le bon
chemin !
Elle continua à marcher droit devant elle,
laissant ses pensées vagabonder. La jeune fille arriva au
niveau d’un pont en très mauvais état, mais ce
n’était pas la structure du pont, qui en ce moment
attirait son attention, mais le jeune homme assit
négligemment sur la barrière en acier rongée
par la rouille qui menaçait de céder à tout
instant, s’apprêtant à commettre un acte
irréparable. Il fallait qu’elle intervienne avant
qu’il ne soit trop tard ! Elle devait l’en
empêcher ! Elle devait
l’aider !
Elle aimait la vie, heureuse
d’exister,
Voulait aider les gens et puis grandir en
paix,
C’était un don du ciel, toujours
souriante,
Fleurs et nature qu’il pleuve ou qu’il
vente.
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