Les rayons du soleil filtrant sous le store, le réveillèrent. Il battit légèrement des paupières avant d’ouvrir lentement les yeux. Le jeune homme mit quelques secondes à se situer, les évènements de la veille lui revenant peu à peu en mémoire. Nathan se redressa sur les coudes et observa de nouveau la chambre toujours abasourdi par ce fabuleux décor. Jamais il n’aurait cru qu’un jour, lui, pauvre garçon, de classe sociale bien trop modeste, entrerait dans un cadre pareil. A peine cette pensée eut-elle effleurée son esprit qu’un goût amer se fit sentir dans sa bouche, son désarroi réapparu aussitôt.
Quelle heure était-il ? L’adolescent se saisit de son téléphone pour répondre à sa question silencieuse. Déjà huit heures ! Le jeune homme devait se présenter à son travail dans une heure ! Il devrait prendre le bus.
Nathan se leva, se dirigea vers la salle de bain attenante à la chambre. À peine eut-il ouvert la porte qu’il fut encore plus désemparé que devant le luxe de la chambre. C’était la salle d’eau la plus grande qu’il eut jamais vu ! En face de lui se trouvait un miroir immense, surmonté de spots lumineux éblouissants. Dessous, deux lavabos trônaient fièrement entourés de marbre bleuté. Les robinets étaient dorés et les murs recouverts de petits carreaux de carrelage blanc nacré. Dans le coin droit se trouvait une douche gigantesque.
Une fois lavé et habillé il sortit de la pièce et se retrouva dans un long couloir. Devait-il aller à droite ? À gauche ? Nathan tenta de se remémorer le chemin emprunté la veille, en vain. Le jeune homme prit donc une direction au hasard et partit à droite. Il longea un nombre considérable de portes avant de s’apercevoir que le corridor ne menait nulle part. L’adolescent fit donc demi-tour et fini par arriver à un grand escalier. Il descendit au rez-de-chaussée et entreprit de se repérer, sans grand succès.
De légers bruits de vaisselle, semblait-il, lui parvinrent, il décida donc d’aller dans la direction de ces tintements. Nathan repéra la seule pièce dont la porte était ouverte et y entra. Les sons qu’il avait entendu provenaient bien de cette salle. Le jeune homme s’adossa au chambranle de la porte et observa Melody installer des objets sur la table de chêne occupant le centre de la pièce qui devait être la cuisine.
La jeune fille continua son travail sans remarquer Nathan qui l’observait.
Il semblait l’admirer. Une mèche s’échappa de sa coiffure soignée et elle s’empressa de la remettre en place. Il la trouvait vraiment très belle. Son regard s’attarda sur elle encore un instant puis il se forçat à détourner le regard. Il ne pouvait pas s’intéresser à elle ! Il… il n’avait pas le droit !
Pour mettre fin à sa contemplation il s’avança dans la pièce et la salua. Elle releva la tête et le regarda, le saluant à son tour avec un sourire chaleureux. Cette jeune fille avait des yeux magnifiques ! Des yeux qui l’envoutaient. Des yeux qui le faisaient fondre et s’embraser.
Il avait du mal à se détacher de son regard.
« Tu veux manger quelque chose ? Lui demanda-t-elle. »
Nathan sortit de sa rêverie et consulta sa montre. Il avait déjà perdu une demi-heure, il ne pouvait s’attarder plus, à son grand désespoir.
« Je ne peux pas, désolé. Je suis déjà en retard. Répondit-il à regret »
Comme il aurait aimé rester près d’elle ! Mais malheureusement, il ne pouvait se le permettre !
« Ah. Dommage. Dit la jeune fille visiblement déçue. »
L’adolescent se dirigea vers Melody, s’apprêtant à lui faire la bise. Un contact. Il n’était pas sûr de la revoir. Une jeune femme riche n’a strictement rien à faire avec un bouseux dans son genre ! Le jeune homme se dirigea ensuite vers la porte suivit de l’adolescente. Arrivés au grand portail, elle lui ouvrit la grille et le salua une dernière fois.
Elle ne savait pas si elle le reverrait, ils ne risquaient pas de se croiser par hasard puisqu’ils n’étaient pas du même monde ! La jeune fille ne pouvait pas le laisser partir ainsi ! Melody décida de tenter sa chance, qu’avait-elle à perdre après tout ? Elle l’interpella avant qu’il ne soit trop tard.
Nathan se retourna pour la regarder, de ce regard si profond qu’il posait sur elle chaque fois qu’il la regardait.
« Est-ce que… euh… tu me laisserais ton numéro ? Demanda-t-elle timidement mais aussi étonnée de son audace soudaine. »
Le jeune homme était surpris. C’était une surprise plutôt agréable d’ailleurs. Au moins son attirance n’était pas à sens unique ! Il lui sourit mais ce sourire ne dura pas laissant place à une sorte de rictus. La dure réalité venait de le ramener sur Terre.
« Je suis désolé Melody, mais ce n’est pas une bonne idée… se résigna-t-il à répondre.
_ Oh… Très bien… Dit-elle tristement. »
Melody se retourna et franchit le portail, prenant soin de le refermer derrière elle, humiliée.
L’adolescent vit cette porte se refermer comme une issue se condamnant. Après une ou deux minutes de réflexion, il sentit la tristesse le gagner et préféra se diriger vers la gare, ayant peur de ses propres réactions. Nathan partit avant de commettre une bêtise.
Le jeune homme déambulait dans les quelques rues qui le séparaient de son bus, pensant, maussade, qu’il avait bien fait. Que c’était la seule solution envisageable. Qu’il n’aurait pu faire autrement. L’adolescent monta dans l’autobus qui le conduirait vers son travail.






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